Pour moi le business plan est d’abord une interface entre l’entrepreneur et l’entreprise qu’il va créer ou qu’il dirige. C’est un document d’abord utile pour l’entrepreneur lui-même. Un peu comme un support de méditation, simple et puissant à la fois.
A différentes occasions, le business plan sert aussi à communiquer avec d’autres : associés, équipes, partenaires et investisseurs.
Si vous vous sentez prêts à rédiger votre business plan en 5 pages et 3 heures et à défendre becs et ongles ce document trop simple pour certains interlocuteurs, alors j’espère que la suite vous plaira.
Si vous avez besoin d’être rassurés par la rédaction d’un ouvrage de science fiction de 200 pages, alors une recherche dans Google sur « Bien rédiger un business plan » vous soulagera certainement.
Armez-vous maintenant de 5 pages A4 à utiliser dans le sens « paysage », d’un crayon et d’une gomme. Installez-vous dans un endroit que vous aimez, chez vous, dans votre bistrot en bas de chez vous ou sur votre terrasse sous le soleil. Et commencez.
1 – Vos rêves, votre envie
Tout projet commence avec des rêves. Alors écrivez en arc de cercle 11 rêves, en étant spontané et concis. Commencez par un verbe et soyez précis. Par exemple : « Vendre du vin bio en Chine » ou « M’expatrier à Shanghaï » ou encore « Inventer l’e-commerce du futur ».
Ensuite, au centre de la page, à l’intérieur de l’arc, résumez vos rêves en une envie forte que vous rédigez sous la forme « Créer pour » car tout est histoire de création et d’innovation. Steve Jobs aurait peut être écrit « Créer un ordinateur différent pour aider les créatifs » ou Henry Ford « Créer une voiture bon marché pour démocratiser l’automobile ».
Enfin, sous l’envie, alignez verticalement 5 savoir-faire que vous allez naturellement mettre en jeu pour réussir. Exprimez chacun en un mot (enthousiasme, créativité, énergie, ouverture… ce que vous voulez). Illustrez-le par une courte phrase. Par exemple, face à « Simplicité » Steve Jobs aurait peut-être écrit « Rendre la technologie accessible à tous »).
Vous avez ainsi sous les yeux un premier portrait de votre projet et des qualités que vous allez naturellement mobiliser pour le mener à bien. Relisez le calmement, corrigez ce qui sonne faux pour que l’ensemble soit cohérent et vous plaise.
2 – Votre valeur ajoutée et vos marchés
Il s’agit maintenant d’identifier vos différents marchés pour commencer à passer de votre envie à une véritable stratégie.
Sur une nouvelle page, réécrivez en entête l’envie rédigée sur la première page sous la forme « Créer… pour » en inversant les termes et complétez par ce que vous voulez construire : « Créer un voiture bon marché pour démocratiser l’automobile » devient « Donner envie de démocratiser l’automobile pour créer une voiture bon marché et construire une marque mondiale ». Cette petite pirouette confère un éclairage plus fort à votre projet en donnant envie à d’autres de vous suivre tout en précisant votre réelle intention.
Reprenez les 5 mots sur la première page et disposez les en arc de cercle.
Sous chaque mot inscrivez le marché auquel vous voulez adresser votre savoir faire.
Par exemple Steve Jobs aurait peut être adressé son savoir-faire « Simplicité » au marché des « Foyers familiaux ». Un conseil en management adressera peut-être son « réalisme » au marché des « jeunes entrepreneurs ».
Bref, vous avez d’un côté 5 savoir-faire à vendre, à vous de trouver les 5 marchés prêts à les consommer.
Précisez concrètement ce que vous proposez à vos 5 marchés : associez une promesse à chacun.
Pour le 1er marché, formulez une courte phrase qui commence par « déclencher ».
Par exemple le « réalisme » du conseiller en management intéresse « les jeunes entrepreneurs » à qui il promet de « déclencher le passage à l’acte ».
Continuez à formuler votre promesse pour chacun des 4 autres marchés. Commencez la promesse du 2nd marché par « stimuler », celle de 3ème par « valoriser » puis celle du 4ème par « créer » et celle du 5ème par « construire ».
Une fois décrites vos 5 promesses, regardez l’ensemble. Quel est votre point fort pour réussir ? Exprimez-le en un mot. Quel est votre point faible ? Formulez-le de manière positive : utilisez « Expérience » plutôt que « Inexpérience ».
Ce cocktail sera le carburant de votre aventure : comment avancer si ce n’est en s’appuyant sur le premier tout en étant conscient de l’autre ?
Inscrivez ces deux mots au centre de la page dans l’ordre point fort point faible.
Votre projet commence à se préciser. En voyant ses contours, vous devez à la fois vous sentir satisfait de l’avoir synthétisé mais également stressé car comment commencer maintenant ?
Ce sera le propos des 3 pages suivantes :
3 – Les résultats recherchés
4 – Les clients, les partenaires, les modèles économiques
5 – Les étapes vers le succès
Pour terminer, je précise que la méthode que je décris ici a un papa. Il s’agit de mon ami Bruno Pagès (brpages@cybercable.fr) que vous pouvez contacter directement. Il vous propose de vous rencontrer à Paris ou Nice pour vous guider dans l’exercice des 3 premières pages.
Rendez-vous dans quelques jours pour la suite. D’ici là, faites de beaux rêves !
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